Cuisson, nombre de couleurs et zones réglementées
Six éléments qui définissent un décor céramique cuit.
Le décor céramique consiste en une fritte de verre pigmentée, sérigraphiée sur le contenant puis cuite jusqu’à fusion avec sa surface. Le décor n’est plus posé sur le verre : il en fait partie. Cette durabilité inégalée implique toutefois une palette restreinte, un passage de production par couleur et des règles sur les zones où le décor peut être appliqué.
La cuisson fusionne le décor avec la surface
La fritte imprimée passe au four, où elle se ramollit et se lie au verre. Le décor ne peut alors ni se décoller, ni se rayer, ni se décolorer comme finissent par le faire les étiquettes et encres organiques appliquées. C’est pourquoi cette technique est devenue la norme pour les bouteilles consignées et la verrerie destinée à des lavages répétés.
Chaque couleur nécessite son écran et son passage
La sérigraphie céramique dépose une couleur à la fois ; un visuel comportant quatre couleurs distinctes nécessite donc quatre écrans et quatre passages en machine, soit quatre fois plus de manipulations qu’un visuel monochrome. Les créations les plus efficaces avec ce procédé utilisent peu de couleurs avec aplomb plutôt que de nombreuses couleurs en nuances subtiles. Cette contrainte doit être communiquée au graphiste dès le départ.
Les limites de repérage restreignent les possibilités du visuel
L’alignement de couleurs successives sur un contenant incurvé en rotation est moins précis que l’impression sur support plat. Les visuels reposant sur un repérage très serré ou sur des dégradés fins en demi-teintes se reproduisent donc mal. Les formes pleines séparées par des espaces assumés entre les couleurs sont plus fiables et plus lisibles.
La zone près du bord du goulot est restreinte
Le décor reste à l’écart du bord du goulot en contact avec les lèvres et de la surface d’étanchéité : le contact avec la bouche est réglementé, et l’encre sur une surface d’étanchéité perturberait la fermeture. La zone d’exclusion doit être indiquée comme une limite stricte dans le cahier des charges graphique, et non comme une marge approximative.
La composition est réglementée et doit être confirmée
Les encres céramiques historiques utilisaient des pigments contenant des métaux lourds ; leur emploi décoratif est désormais réglementé, en particulier sur les surfaces susceptibles d’être touchées par l’utilisateur. Tout décor céramique doit être accompagné d’une confirmation de sa composition au regard des exigences applicables dans les marchés de commercialisation. Cette documentation fait partie de la spécification.
L’impression organique coûte moins cher, mais dure moins longtemps
Les encres organiques polymérisées aux UV offrent plus de couleurs et de détails sans passage au four ; elles coûtent moins cher et laissent davantage de liberté. Elles s’usent toutefois et finissent par céder après des lavages répétés. Pour une bouteille à usage unique, c’est un compromis raisonnable ; pour une bouteille consignée, généralement pas.










