Volume prélevé, additifs et erreurs préanalytiques
Cinq façons dont le tube modifie un résultat avant l’analyseur.
Un tube sous vide prélève un volume défini de sang parce que le vide intérieur est réglé à cette fin. Les additifs étant dosés pour ce volume, le tube est à la fois un récipient, un dispositif de dosage et un conditionnement de réactif. L’ISO 6710 en fixe les exigences ; la plupart des erreurs préanalytiques remontent à la défaillance de l’une de ces trois fonctions.
Un tube sous-rempli fausse le rapport entre l’additif et le sang
La quantité d’additif est fixée à la fabrication pour le volume nominal de prélèvement du tube. Un tube citraté rempli aux trois quarts contient un quart d’anticoagulant supplémentaire par volume de sang, ce qui modifie directement les résultats de coagulation. C’est pourquoi les prélèvements insuffisants sont rejetés plutôt qu’analysés, et pourquoi le trait de remplissage est une spécification, pas une indication approximative.
Le vide est une caractéristique liée à la durée de conservation
Le prélèvement dépend du vide maintenu derrière une fermeture en élastomère pendant toute la durée de vie du tube. Ce vide diminue lentement, plus vite à température élevée et après un choc mécanique ; un tube qui en a perdu une partie prélève un volume insuffisant sans signe visible. La date de péremption des tubes de prélèvement existe principalement pour cette raison, davantage que pour l’additif.
Les codes couleur sont recommandés, mais ne sont pas universels
L’ISO 6710 recommande des couleurs de fermeture pour identifier les additifs, et les associations courantes sont largement suivies. Il s’agit toutefois d’une recommandation figurant dans une annexe, et les pratiques varient selon les régions. Lorsqu’un laboratoire change de fournisseur ou de pays, il vérifie l’additif sur l’étiquette plutôt que de se fier à la couleur, au moins jusqu’à confirmation de la nouvelle convention.
L’ordre de prélèvement évite le transfert d’additifs
Une aiguille qui traverse plusieurs tubes successivement entraîne des traces de chaque additif dans les suivants ; une petite quantité d’EDTA dans un tube de chimie clinique modifie de façon mesurable les résultats du potassium et du calcium. L’ordre normalisé limite ces transferts. La procédure dépend donc des récipients : les tubes déterminent la séquence plutôt que le choix du prescripteur.
Les tubes en verre et en plastique ne sont pas interchangeables
Le plastique prédomine pour des raisons de sécurité et de poids, mais les gaz diffusent à travers sa paroi, ce qui compte pour les analyses de gaz sanguins et le stockage prolongé. Le verre ne présente pas cette perméabilité aux gaz et reste spécifié lorsque cette propriété est nécessaire, au prix d’un risque de casse en contexte de prélèvement. Le choix se fait analyse par analyse, et non pour tout un laboratoire.
Le revêtement d’additif est appliqué sur la paroi et peut être irrégulier
L’anticoagulant est pulvérisé puis séché sur la paroi intérieure du tube ; l’uniformité de son dépôt détermine le bon mélange de l’échantillon lors des retournements. Un tube où l’additif est concentré au fond donne de mauvais résultats même si le volume prélevé est correct. L’uniformité du revêtement doit donc être un critère de libération, et non une hypothèse de conception.










